vendredi 28 mars 2014

Eric Deaudelin

 
Meurtre de Joleil Campeau

Prison à vie pour Éric Daudelin

L’assassinat de Joleil Campeau est finalement résolu 19 ans plus tard

Valérie Gonthier

Valérie Gonthier @

Journal de Montréal, Publié le: | Mise à jour:
 
 
 
 




«Tu as enlevé la vie de ma fille en plus de me priver de la mienne avec elle.»
La mère de Joleil Campeau a tenu à s’adresser à Éric Daudelin hier, quelques minutes à peine après qu’il eut été reconnu coupable du meurtre prémédité de sa fille.
«Éric, je veux te parler depuis ton arrestation… Une personne normale ne peut pas séquestrer, agresser, retenir de force quelqu’un contre son gré», a lancé Donna Senécal à l’homme qui a noyé son enfant de neuf ans dans un ruisseau boueux en 1995.
Le verdict est tombé hier après-midi, après trois jours de délibérations au terme d’un procès de presque trois semaines au palais de justice de Laval. L’atmosphère dans la salle d’audience, qui était remplie à craquer, était plutôt tendue les instants avant l’annonce du verdict. C’est le juré numéro un qui a eu la lourde tâche d’annoncer la décision unanime.
«Coupable», a-t-il dit fermement à 16 h 25, pour chacun des trois chefs d’accusation qui pesaient contre Daudelin, soit meurtre prémédité, séquestration et agression sexuelle.
Ce verdict a été accueilli avec beaucoup d’émotions, notamment par les membres de la famille de la fillette, qui attendaient depuis maintenant 19 ans que justice soit faite.
Arrêté en juin 2011 pour le crime qu’il avait commis 16 ans plus tôt, Daudelin a été piégé par des agents d’infiltration qui se faisaient passer pour des criminels afin d’obtenir ses aveux. Il a alors confié à son «patron» avoir eu un «déclic» en apercevant la fillette le 12 juin 1995, puis l’avoir enlevée, violée et noyée. Des traces de son sperme avaient été retrouvées sur la petite culotte de l’enfant.
Mine basse
Depuis le début du procès, l’accusé nie le crime qu’on lui reproche. Hier, assis dans le box des accusés, Éric Daudelin avait la mine basse. Il n’a pas bronché lorsque la maman de la petite victime s’est adressée à la cour et l’a interpellé. Elle a raconté avec émotions que la mort de sa fille est survenue le lendemain de son anniversaire.
«Je plantais des fleurs devant la maison. J’étais heureuse... Au même moment, l’acte a été commis», a-t-elle dit en pleurant.
«J’ai beaucoup de difficulté à croire que cette femme-là, cette mère-là, qui a été si durement éplorée durant toutes ces années, soit capable de livrer un message aussi empreint de sérénité», a lancé à sa sortie de la salle d’audience Me Pierre-Luc Rolland, procureur de la Couronne, qui venait de conclure le dernier procès de sa carrière.
La juge Sophie Bourque s’est aussi adressée à l’accusé, indiquant que ce verdict envoie un «message clair» (voir autre texte).
Et malgré la décision du jury d’envoyer Daudelin en prison sans possibilité d’être libéré avant 2039, la défense dit ne pas être déçue.
«M. Daudelin a eu droit à un procès juste et équitable. Le jury a fait un très bon travail. Justice a été rendue. On respecte la décision», a dit Me Jacky-Éric Salvant.


Ce que la mère
de Joleil Campeau a dit
«
Suite à Joleil qui ne répondait pas à l’appel, j’ai vécu l’incompréhensible des événements, le stress, l’ambivalence... j’ai été suspectée, interrogée et j’ai dû passer au détecteur de mensonges. C’était la procédure. Je comprenais, car j’étais la dernière à avoir vu Joleil.»
«
Je ne voulais pas être victime, mais en même temps, je devais réinventer le mot survivante.»
«
Éric, je veux te parler depuis ton arrestation… Une personne normale ne peut pas séquestrer, agresser, retenir de force quelqu’un contre son gré, la blesser et l’enfouir sous la vase dans un ruisseau, la noyer. Surtout faire ça à un enfant qui ne t’a rien fait… comme ma fille Joleil!»
«
Il y a au moins deux normalités. La tienne, parce que tu as réussi à vivre avec tes actes crapuleux pendant 16 ans avant qu’il te soit interdit de recommencer… Et ma normalité, celle qui ne ressemble en rien à la tienne parce que moi, je ne serais pas capable de tuer un enfant, encore moins de survivre à cela.»
«
Éric, ce que je te demande depuis longtemps, c’est ce que je me demande à moi également: fais tout ton temps, en sécurité et pour toi et les autres. Répare-toi, si tu le veux, moi, je me répare… Répare ta vie, si tu le peux…»

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